Gestion des eaux pluviales pour une toiture terrasse

bruno

La stagnation d’eau au niveau de la toiture est nocive pour votre logement. Or, en raison de sa nature, une toiture terrasse peut être sujette à la stagnation des eaux pluviales. Pour limiter ce phénomène, on vous recommande d’équiper votre toiture des matériaux et des matériels nécessaires pour assurer une bonne gestion de ces eaux pluviales.

Installations d’évacuation des eaux pluviales

Les installations d’évacuation d’eaux pluviales sont des équipements qui servent à évacuer les eaux pluviales des toitures et à les acheminer vers les tuyaux de descente. Elles peuvent être fabriquées dans différentes matières avec de différentes dimensions.

Les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales
Les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales comprennent :

  • les ouvrages de collecte : chéneaux, caniveaux
  • les ouvrages d’évacuation : entrées d’eaux pluviales (EEP), trop-pleins (TP)

Chéneaux et caniveaux

  • Les chéneaux sont des ouvrages de collecte des eaux pluviales, de section généralement rectangulaire qui sont implantés à la base d’une toiture inaccessible pour permettre l’évacuation des eaux vers les tuyaux de descente ou les gargouilles.
    Pour les toitures à éléments porteurs en maçonnerie : ils peuvent être encaissés entre deux versants ou en encorbellement (en saillie du plan vertical du mur).
    Pour les toitures à éléments porteurs en acier ou en bois et ses dérivés, les chéneaux encaissés sont exclus. Seuls sont admis les chéneaux en encorbellement.
    Les chéneaux peuvent être réalisés en béton armé, en métal autoportant ou être supportés par une structure en béton, en bois ou en contreplaqué.
  • Les caniveaux sont des ouvrages de drainage et de collecte des eaux pluviales. Ils sont généralement de section rectangulaire et sont implantés sur une toiture accessible. Ils sont recouverts par une grille de protection amovible permettant d’en assurer l’entretien et la circulation. Leur composition et leurs dimensions sont similaires à celles des chéneaux.

Remarque : Comme isolant pour ces ouvrages de collecte des eaux pluviales, on choisit de préférence des isolants thermiques surfacés bitume permettant la pose de l’étanchéité par soudage :

  • laine minérale surfacée bitume
  • perlite fibrée surfacée bitume
  • verre cellulaire surfacé bitume
Caniveau
Chéneau en encorbellement


Entrées d’eaux pluviales (EEP)
La section du moignon d’une EEP peut être constante (moignon cylindrique) ou variable (moignon tronconique). Dans le cas d’évacuations latérales (axe du moignon proche de l’horizontale) établies sur des éléments porteur en tôles d’acier nervurées, la section du moignon doit être rectangulaire.
Dans le cas d’évacuations latérales établies sur des éléments porteurs en maçonnerie, les surfaces collectées sont minorées de 10 %.
La section finale du moignon se raccordant à la descente d’eau pluviale est déterminée en fonction des surfaces de toiture collectées et de la forme du moignon.

Afin d’assurer une bonne évacuation des eaux pluviales et de mieux sécuriser la toiture face aux effets néfastes qu’elles peuvent engendrer, les ouvrages constituant le dispositif d’évacuation doivent être implantés de façon normalisée.
Chaque EEP doit collecter les eaux d’une surface de :

  • ≤ 700 m² dans le cas général
  • ≤ 350 m² dans le cas d’une EEP en déversoir sur une toiture disposant d’éléments porteurs en acier
  • ≤ 200 m² dans le cas des terrasses accessibles aux piétons dotées d’une protection par dalles sur plots.

La distance entre deux EEP dans un chéneau ou un caniveau doit être de 30 m au maximum et ≤ 20 m dans le cas d’un élément porteur en bois et ses dérivés.

Remarques : Le moignon doit déborder de la sous-face de la toiture d’au moins 0,15 m et sa jonction avec le tuyau de descente doit être visitable.
Toutes les EEP doivent être munies d’un dispositif (grille, crapaudine, garde-grève…) destiné à arrêter les débris pouvant provoquer un engorgement des descentes.

Entrée d’eaux pluviales muni d’une crapaudine
Exemple d’évacuation des eaux pluviales pour une toiture terrasse avec une structure en bois


Trop-pleins (TP)
Le trop-plein (TP) est un élément de sécurité permettant d’évacuer le surplus d’eau en cas de surcharge de votre évacuation principale. Il est préférable et conseillé d’avoir un trop plein par évacuation.
Il est à positionner à travers votre acrotère. L’étanchéité du trop-plein se fera avec une pièce d’étanchéité accompagnée de son primaire d’accrochage.
Remarque : Ne pas oublier de retailler le trou du trop-plein pour l’évacuation.

Coupe d’un trop-plein

Toitures-terrasses à retenue temporaire des eaux pluviales ou toitures stockantes

Pour lutter contre le phénomène de saturation et de débordement des réseaux unitaires de collecte des eaux pluviales en cas de forte intempérie, on peut aussi adopter comme solution le système des toitures-terrasses à retenue temporaire d’eaux pluviales ou des toitures stockantes.
Elles permettent de réduire les débits de pointe et de filtrer les eaux pluviales en les retenant temporairement au plus près de la surface réceptrice. Les eaux sont ensuite évacuées par évaporation, par évapotranspiration ou par relâchées à faible débit vers un exutoire suivant le type de toiture envisagé.

Les différents types de toitures stockantes
Les différents types de toitures stockantes se distinguent par leur éventuelle couche de finition :

  • les toitures graviers qui stockent les eaux au niveau de la couche de graviers. Elle est conseillée pour une toiture-terrasse à pente nulle, inaccessible et sans zone technique. La protection de l’étanchéité est composée d’une couche de gravillons d’au moins 4 cm d’épaisseur. Cette dernière possède une capacité de rétention égale à la moitié de son volume, sachant que le niveau d’eau est limité à 5 cm au-dessus du niveau fini des gravillons.
  • les toitures-terrasses végétalisées qui stockent les eaux dans le substrat végétal. Elle est conseillée pour une toiture-terrasse à pente nulle et à éléments porteurs en maçonnerie. Ces performances dépendent avant tout de l’épaisseur du substrat.

Remarques :
Les toitures stockantes doivent être rendues inaccessibles aux piétons et aux véhicules (mais accessibles pour leur entretien) sauf pour les toitures végétales intensives.
Les toitures qui comportent des installations techniques comme une chaufferie, un dispositif de ventilation mécanique, des aéroréfrigérants, une machinerie d’ascenseur ou des capteurs solaires sont difficiles à aménager pour servir de toiture stockante.
Idéalement, les toitures végétales doivent être exposées au rayonnement solaire au minimum quelques heures par jour.