La toiture-terrasse végétalisée

bruno

Vous aimez les plantes et les fleurs mais vous ne possédez pas de jardin ? Pour y remédier, vous pouvez transformer votre toiture-terrasse en une toiture végétale. C’est un procédé qui est véritablement écologique et réalisable mais il faut juste assurer l’étanchéité pour la pose de la végétalisation. Il faudra aussi prévoir l’entretien de la toiture une fois qu’elle est végétalisée.

De nombreux toits, que ce soient les toitures-terrasses ou les toitures des auvents ou des abris de voiture, sont laissés nus et stériles alors qu’ils pourraient être facilement végétalisés et transformés en jardin. L’évolution récente des techniques de mise en œuvre en plus de la baisse des coûts d’installation et les faibles besoins en entretien permettent désormais d’envisager un fort développement de la végétalisation de la toiture.

Les différents types de toitures végétalisées

Selon l’épaisseur de substrat et le type de végétaux utilisés, il existe trois types de toitures végétalisées :

  • La végétalisation extensive : elle consiste à créer un écosystème permanent comme le couvre-sol rustique, les mousses et/ou les sédums. Son principale avantage est le fait qu’elle ne nécessite ni entretien ni arrosage sauf en cas de sécheresse prolongée. Cette solution convient bien aux toitures plates s’étendant sur de grandes surfaces. Comme inconvénient, ces toitures ne peuvent être ni cultivées ni piétinées. Côté prix, ce type de toiture ne nécessite que 30 à 50 €/m² selon le mode de culture. Elle peut être réalisée sur un support en béton, en acier et en bois sur des pentes allant jusqu’à 20%.
  • La végétalisation semi-intensive : Il s’agit de la création d’un complexe de culture avec une épaisseur moyenne de substrat. Ce type de culture peut mélanger le couvre-sol, les plantes à fleurs ou à feuillage, les légumes et même de petits arbustes. La végétalisation semi-intensive nécessite un arrosage régulier et un entretien modéré.
  • La végétalisation intensive : elle consiste à transposer en toiture les éléments d’un jardin tels qu’ils pourraient être au sol. L’épaisseur du substrat est alors plus importante. Il est possible d’y planter des graminées, du gazon, des végétaux de grande taille, des plantes vivaces ou des arbustes décoratifs. La condition indispensable pour ce type de végétalisation est l’obligation de posséder un support capable de supporter un poids de surcharge élevée lorsqu’elle est à saturation d’eau pendant les périodes de précipitations intenses. Il faut aussi prévoir des dispositions supplémentaires telles que le revêtement d’étanchéité résistant à la pénétration racinaire, une couche de drainage et une couche filtrante,une zone stérile en périphérie et bien entendu la prise en compte préalable des charges permanentes très élevées dues à la terre. Le volume d’agrégats est souvent réduit à 40% pour faire place à plus d’éléments nutritifs.
    L’entretien de ce type de toiture à végétalisation intensive est plus contraignant que l’entretien des autres types de toitures végétales. Au minimum, l’entretien devra être le même que dans le cas d’un jardin au sol mais nécessitant en plus un grand apport d’engrais et un arrosage régulier. L’avantage du jardin d’agrément est le fait qu’il est possible de s’y promener. L’investissement de départ est beaucoup plus élevé (de 100 à 180 €/m² selon les plantations et pour des plantes recherchées, il faudra jusqu’à 300 €/m²).

Composition d’une toiture-terrasse végétalisée

Les composants d’une toiture-terrasse végétalisée

Épaisseur du substrat et végétation
L’épaisseur du substrat va varier en fonction du type de toiture à mettre en œuvre. Le choix des végétaux est ensuite conditionné par l’épaisseur du substrat de la toiture verte.
Les éventuelles épaisseurs à accorder aux différentes types de toitures vertes sont :

  • Toiture extensive : 5 à 10 cm. Cette faible épaisseur du substrat caractérise une toiture extensive. Ainsi, la plantation de végétaux à enracinement superficiel va se limiter à des mousses, des sedums et des herbacées.
  • Toiture semi-intensive : 10 à 25 cm. Cette épaisseur permet la plantation d’un gazon, de plantes basses et d’arbustes.
  • Toiture intensive élaborée : > 25 cm. Cette épaisseur importante permet la plantation d’arbres ou de grands arbustes au système racinaire important.

Remarques : Si les couches et les épaisseurs qui composent la toiture ne sont pas adaptées aux types de végétations ou si elles ne sont pas mises en œuvre correctement, les racines risquent d’abîmer la membrane d’étanchéité. Ce risque est fortement accru si celle-ci n’est pas de bonne qualité.

Type de substrat
Le terme substrat, en comparaison à la terre arable des jardins, désigne un composé nutritif spécifique aux toitures-terrasses végétalisées et à leurs exigences. Il assure l’apport nécessaire en nutriments, en eau, en oxygène et permet l’enracinement de la végétation. Le substrat doit aussi répondre à des exigences de légèreté. Il est généralement constitué d’un mélange de matériaux minéraux granuleux (terre, sable, billes d’argile, lave, écorce…) avec une faible proportion de fines particules.
Dans certains cas, l’inoculation de lombriciens (vers de terre) et de micro-organismes via le compost permet d’obtenir un sol fertile et de stimuler la croissance des végétaux.

Tableau comparatif des caractéristiques des différents types de toitures végétalisées

Types de toitures végétaliséesIllustrationÉpaisseur du substratPoidsSupport admissibleEntretienCoût
Extensive
Végétalisation extensive
de 5 à 10 cm de 60 à 180 kg/m² béton, acier, bois faible économique
Semi-intensive
Végétalisation semi-intensive
de 10 à 25 cm 150 à 350 kg/m² béton, acier, bois limité moyen
Intensive
Végétalisation intensive
> 25 cm > 600 kg/m² béton régulier coûteux

Les entretiens nécessaires pour une toiture végétalisée

Les soins de croissance
Ils débutent après les semailles et durent jusqu’au moment d’avoir un bonne poussée de la végétalisation. Les soins à apporter à la végétalisation durant cette période sont :

  • Extraire régulièrement les plantes indigènes
  • Ressemer ponctuellement sur les zones non fleuries
  • Niveler les vagues de substrat
  • Contrôler et nettoyer les évacuations d’eau

L’entretien annuel
Les soins concernant l’entretien annuel sont les suivants :

  • Couper la végétalisation en automne de 5 à 6 cm de hauteur
  • Selon les besoins et l’allure de la poussée de la végétation, épandre de l’engrais

Les avantages d’une toiture-terrasse végétalisée

  • Une toiture végétalisée est une excellente solution d’isolation thermique. Elle permet de réduire de près de 40% les variations de température. De cette façon, vous économisez en chauffage en hiver et en air conditionné en été. Sur une toiture-terrasse avec revêtement bitumeux, la température peut grimper jusqu’à 70°C en été, contre environ 37°C pour un toit vert. De plus, en été, la toiture végétalisée permet d’humidifier l’air desséché.
  • Du fait que la terre est également un excellent isolant phonique et que le tapis végétal assure une diminution des nuisances sonores, une toiture-terrasse végétalisée permet d’avoir des qualités acoustiques incroyables.
  • Une toiture végétalisée réduit les risques d’inondation. Elle retient l’eau de pluie et l’évacue par évapotranspiration. Elle assure un meilleur drainage des eaux pluviales et une réduction du ruissellement.
  • Une toiture végétalisée produit de l’oxygène. Ainsi, elle réduit ainsi les gaz à effets de serre.
  • Elle offre une belle esthétique au toit et une certaine originalité.

Les inconvénients d’une toiture-terrasse végétalisée

  • Contrairement à un toit classique, une toiture végétalisée demande un savoir-faire pour sa conception et nécessite un entretien en temps et en heure.
  • Certains végétaux nécessitent un système d’arrosage en période sèche et chaude.
  • L’ajout d’un substrat et de végétaux nécessite une structure suffisamment forte du toit et une étanchéité parfaite.
  • La détection de fuite ou de fissures sous la couche de substrat épaisse ne peut se faire que par un professionnel et cela coûte souvent cher.
  • Le prix pour des toitures denses est en moyenne 4 à 5 fois plus cher qu’un toit normal.