Toiture-terrasse accessible aux véhicules (Parking)

Afin de faire face au manque de stationnement et à l’augmentation constant du nombre de véhicules, l’exploitation de l’espace des toitures-terrasses en tant que parc de stationnement est une solution.
Toutefois, une technique parfaitement au point est nécessaire pour que les terrasses accessibles à la circulation des piétons et des véhicules soient toujours sûres et fonctionnelles. Ce guide va vous fournir de nombreuses informations à ce sujet.

De nombreuses contraintes mécaniques et charges dynamiques s’appliquent sur la dalle de roulement en raison des déplacements des piétons et/ou des véhicules. Pour y remédier, une toiture-terrasse parking doit satisfaire de nombreux critères :

  • Une excellente qualité de résistance en compression et au fluage
  • Une protection efficace de l’étanchéité
  • Des performances thermiques à long terme
  • Une grande résistance aux cycles gel/dégel

Les principaux composants d’une toiture-terrasse parking

Les composants d’une toiture-terrasse parking
  • 1 : Élément porteur
  • 2 : Couche d’étanchéité
  • 3 : Isolant
  • 4 : Couche de protection
  • 5 : Couche de drainage
  • 6 : Couche d’étanchéité
  • 7 : Couche de roulement

Les éléments porteurs

Quel que soit le type de toiture-terrasse choisi (toiture chaude, toiture froide, toiture inversée ou toiture sans isolation thermique), il faut que l’élément porteur soit capable de supporter et d’absorber les charges statiques et dynamiques produites, tant lors de la construction que lors de l’exploitation.

  • Matériaux :

Le matériau constituant la couche portante est un mortier de ciment dosé à environ 350 kg/m3, de 4 cm d’épaisseur minimale et étant armé. Il peut contenir l’incorporation d’un adjuvant réducteur d’eau plastifiant ou super plastifiant.
Pour le gravier du béton, la granulométrie idéale est de 0/45. Elle permet un compactage de qualité et procure une couche très stable. Le matériau utilisé pour le lit de pose peut avoir une granulométrie différente. Pour la finition, elle peut être talochée et lissée.

  • Pente :

Pour empêcher la présence d’eau stagnante et assurer l’évacuation le plus rapidement possible des eaux hors de la structure, une inclinaison adéquate doit être réalisée.
La réglementation française impose :

  • une pente minimale de 2 % pour les toitures-terrasses accessibles aux véhicules
  • une pente minimale de 1,5 % pour les toitures-terrasses accessibles uniquement aux piétons

Les inclinaisons peuvent être créées au niveau de l’élément porteur, de la couche de nivellement (roulement) ou au niveau des isolations.

La pente des rampes, mesurée dans l’axe, est comprise entre 5 et 18 %.

L’étanchéité

Exemple de réalisation de l’étanchéité

Sur ce type de toiture, l’étanchéité est invisible et inaccessible, ou l’est mais difficilement, après l’avoir recouvert par les couches de protection et de roulement. Ainsi, pour réduire au maximum les risques de problèmes pouvant nécessiter des détections et des réparations, le choix de l’étanchéité à mettre en œuvre est extrêmement important.
Les systèmes d’étanchéité possibles sont :

  • Système d’étanchéité continue

Pour ce système, les membranes comportent une ou deux couches et sont fixées à l’élément porteur avec une pose en indépendance, en semi-indépendance ou en adhérence.
Pour un système en pleine adhérence, on peut procéder comme suit :

Membranes d’étanchéité bitumineuses modifiées

  • Première couche : une armature à base de polyester adhérant pleinement à l’élément porteur (à dérouler)
  • Couche supérieure : une membrane résistante à la pénétration des racines soudée à chaud

Membranes d’étanchéité synthétiques

  • Première couche : une armature à base de polyester adhérant pleinement à l’élément porteur (à dérouler)
  • Couche supérieure : une membrane d’étanchéité EPDM, PVC-P ou FPO fixée à la première couche
  • Système d’étanchéité liquide

Ce type d’étanchéité est considéré comme un système mono-couche. Il faut qu’elle adhère complètement à la surface en étant appliquée au moins en deux couches. Un géotextile adapté devra également être placé entre ces couches pour les renforcer.

  • Asphalte coulé

Avant l’installation, un amorçage de la sous-structure en béton doit être réalisé.

  • Sous-couche : une membrane résistante à la pénétration des racines soudée à chaud
  • Couche supérieure : une couche d’asphalte d’une épaisseur d’au moins 25 mm

Sur une structure fermée, on privilégie les systèmes d’étanchéité collés en pleine adhérence.

La couche de protection

Une couche de protection, telle que les panneaux ou géotextiles lourds, bâches en plastique, chapes de béton ou asphalte coulé, permet de protéger la membrane d’étanchéité des dommages pouvant être causés par les pressions statiques et dynamiques. Elle permet également d’isoler les matériaux qui sont chimiquement incompatibles.

La couche de drainage

Elle permet de soulager la membrane d’étanchéité par rapport aux pressions hydrostatiques.
Contrairement aux toitures végétalisées où elle permet de stocker et de retarder l’écoulement des eaux de pluie, la couche de drainage pour une toiture parking a pour fonction l’évacuation des excès d’eau mais aussi d’éviter l’accumulation des eaux et le risque de soulèvement par le gel pouvant affecter la couche de roulement.
Le matériau devra avoir une bonne perméabilité verticale et être capable de transporter les eaux de surface horizontalement de la surface du toit vers la bordure du toit.
Les points d’évacuation des eaux doivent être prévus de manière à permettre la meilleure sécurisation de la toiture.

La couche de roulement

Exemple de couche de roulement en dalle sur plots

Les principaux matériaux sont l’asphalte coulé, le béton armé coulé in situ, les dalles en béton préfabriquées, les coatings résineux et les mélanges tels que le béton bitumineux, l’enrobé percolé ou le béton résineux drainant.
Cependant, on préfère employer certains types d’éléments de dallage comme les pavés que l’on pose au-dessus d’une couche de base granulaire ou meuble plutôt qu’un dallage rigide ou semi-rigide (macadam, beton, etc).
Les principales raisons de ce choix sont :

  • les faibles coûts d’installation et d’entretien
  • La facilité d’accès au système d’étanchéité et à la structure de la toiture pour d’éventuelles réparations
  • Une bonne protection de l’étanchéité contre les diverses charges

Une protection par dalle ou pavés est perméable et est appelée « ouverte ». Par contre, elle est dénommée « fermée » pour le béton ou l’asphalte.
L’épaisseur de la couche de surface dépend de l’élément du dallage, des charges et de la capacité portante des divers couches sous-jacentes.
Les surfaces de roulement exigent une pente suffisante car des flaques d’eau ne sont pas permises en raison du danger d’accident causé par le gel en hiver. En principe, l’élément porteur est déjà réalisé avec une pente ou sinon, on prévoit une chape en pente.
Ainsi, les inclinaisons minimales à respecter selon les revêtements sont :

  • Pavés de béton : 2,5 %
  • Revêtement lié hydrauliquement : 2 %
  • Dalle en béton préfabriquée, dalle sur plots et dalle en pierre naturelle : 2 %
  • Revêtement perméable ouvert (pavés engazonnés) : 1 %

Les espaces circulables pour piétons

Toute la surface de la toiture-terrasse n’est pas en mesure de supporter à la fois le poids de la couche portante, du lit de pose et du revêtement. Dans ce cas, on utilise des plots-vérin dont le poids propre est faible. Ainsi, seul le poids du revêtement de surface entre dans les calculs des charges. Ces parties de la toiture peuvent être réservées pour la circulation des piétons.
Les interstices permettent à l’eau de surface de s’écouler rapidement et facilement sous le revêtement tandis que le vide assure une meilleure aération par le bas. Si la hauteur des plots est suffisamment conséquente, l’espace qu’elle crée permet de passer des câbles et des conduites d’eau pour irriguer des surfaces végétalisées voisines.

Entretien nécessaire pour une toiture-terrasse parking

Pour éviter la dégradation rapide des revêtements et l’infiltration des eaux de pluie dans la structure, les entretiens à effectuer sont :

  • Nettoyage des chéneaux, corniches et autres dispositifs d’évacuation des eaux et s’assurer du bon écoulement des eaux.
  • Évacuation de tous les débris tels que les feuilles et les branches d’arbre, papiers, plastiques, verres brisés, végétaux et tout autre corps étranger.
  • Nettoyage des surfaces de roulement uniquement avec des produits autorisés.
  • Vérification de l’état de la toiture afin de détecter tout risque de fuite ou de déchirure des étanchéités.
  • Réparation immédiate de tout défaut ou dommage qui serait constaté sur la toiture.
  • Nettoyage de toute présence d’huile et/ou de toute attaque chimique qui pourrait être constatée sur la couche de roulement et faire traiter la toiture contre ces agressions.